Entretien avec Abderaman El Aoufir, Directeur Général Délégué du Groupe DERICHEBOURG

Le Directeur Général Délégué du Groupe DERICHEBOURG, Abderaman El Aoufir, fait le point sur la situation du marché de la filière du recyclage et sa reprise post-COVID.

Quel a été l’impact du confinement sur vos activités environnement ?
Nous avons tourné à 20 % de nos capacités. Nous avons même été contraints de fermer temporairement un certain nombre de sites désertés par nos fournisseurs comme par nos clients.

Quelles conséquences ces fermetures ont-elles entraîné pour les salariés concernés ?
La plupart de nos collaborateurs ont été placés en chômage partiel. Nous avons bien sûr sollicité l’ensemble des dispositifs d’aides mis en place par l’État pour préserver l’emploi et les salaires. Nous mettons tout en œuvre pour assurer la pérennité de l’entreprise et de ses emplois.

L’impact de cette crise est-il le même du côté de vos fournisseurs ?
Côté fournisseurs, les constructeurs automobiles étaient à l’arrêt, 98 % des déchèteries publiques étaient fermées, les démolisseurs automobiles – qui n’étaient pas considérés comme une activité essentielle – étaient fermés également. Enfin les ETI ou PME de notre secteur, subissant les mêmes contraintes que nous, ont, elles aussi, dû stopper leur activité.

Et côté clients ?
Tous nos clients métallurgistes français étaient fermés sans exception. Ils n’ont redémarré qu’au mois de mai. Nos clients espagnols et belges ont stoppé leurs activités pendant deux semaines. Le Luxembourg a tout fermé pendant près d’un mois. On peut donc dire que notre activité a été impactée des deux côtés de la chaîne de valeur. Dans les métiers du recyclage, le secteur des déchets métalliques est sans doute celui qui a le plus souffert du confinement. A contrario, la filière de collecte des déchets ménagers a été très peu impactée.

Comment s’est passée la reprise ?
Nous avons retrouvé 85 % de notre activité préconfinement au mois de juin. Et nous sommes aujourd’hui à près de 90 %. Cette reprise est au-delà de nos attentes. C’est bon signe, mais j’ai du mal à croire que nous retrouverons le niveau d’avant le confinement d’ici la fin de l’année.

Dans les prochains mois, quelles sont les perspectives ?
Lors de la reprise, le retard pris dans les activités a engendré un phénomène de rattrapage. Mais actuellement les entreprises lancent des plans sociaux et il est très difficile d’anticiper. Ce qui est sûr, c’est que la consommation va diminuer : au mois d’août les ventes automobiles ont baissé de 19 % par rapport à 2019 et les constructeurs tablent sur une baisse de 20% d’ici la fin de l’année.

Le plan de relance de 100 milliards du gouvernement peut-il changer la donne ?
J’ai confiance dans ce plan pour booster l’économie. Mais à quel niveau ? Il est difficile de dire s’il permettra un rattrapage de 40, ou de 90 % de l’activité. Tous les économistes disent qu’il faudra au moins deux ans pour retrouver notre niveau de PIB…

La filière du recyclage reste-t-elle une filière d’avenir après cette crise ?
Bien sûr ! Nous restons les partenaires privilégiés des institutionnels dans la mise en œuvre de l’économie verte. Nous continuerons d’investir pour répondre à des réglementations de plus en plus exigeantes. Parce que les enjeux environnementaux sont au cœur des préoccupations, il nous appartient de transformer les contraintes qui se présentent à nous en opportunités. Malgré cette crise majeure, nous croyons dur comme fer dans notre métier et dans notre industrie.

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